Festival de la création – Les Cancans

Festival de la création – Les Cancans

Grandchamp Alumni vous présente son entretien avec Brigitte de Bagneaux pour parler de sa pièce « Les Cancans ».

Le Festival de la Création fête sa 14ème édition et cette fois-ci, je vous propose de rentrer dans l’univers de Goldoni.

Le résumé nous ouvre les portes d’un monde à part entière, mis en scène par Brigitte de Bagneaux et Marc Biancardi. « Jour de fête annoncé à Venise : Checchina et Beppo sont amoureux et s’apprêtent à convoler. Sauf que les ragots circulent d’une maison à l’autre, filent plus vite que le vent, créant la zizanie dans le couple. Sauf qu’il y a les « cancans »… Et si Checchina n’était pas vraiment la fille de son père? Ou pire encore, si elle était une bâtarde ? Des “Laborieuses” aux “Insouciantes”, toutes de terribles commères, la rumeur enfle pour entraîner tout ce beau monde dans un drôle de tourbillon. La trame de la pièce de Goldoni, simple et efficace, laisse toute sa place à une joyeuse folie ! ». Voyons ce qu’en pense Brigitte de Bagneaux qui a une fois de plus accepté de répondre à vos intrépides reporters.

En préambule, Goldoni a vécu au début 18ème siècle et a occupé la fonction de clerc d’avocat puis d’assistant d’un chef de police. Il décida ensuite de devenir juriste itinérant, connu de nombreux déboires aussi bien dans les affaires que dans ses histoires amoureuses : il se décrivait lui-même comme un « aventurier honorable » !

Reporter NDG Alumni : Comment décririez-vous l’atmosphère mise en place par Goldoni dans cette pièce ?

Madame de Bagneaux : Précepteur de Louis XVI, Goldoni est venu en France pour se démarquer de la commedia dell’arte et « Les Cancans » est une pièce qui est née suite à ce séjour en France. A l’origine, c’est une pièce ‘à l’italienne’ qui tourne autour d’un jeune couple  et dans laquelle les acteurs jouent avec des masques ! Les personnages d’Arlequin et de Pantalone sont d’ailleurs bien présents ; la pièce conserve donc les codes et la tradition de la commedia dell’arte.

Un mot sur votre propre rôle de metteur en scène pour organiser cette pièce ?

Il faut beaucoup de séances de travail afin d’ajuster les personnages entre eux ; l’enjeu est véritablement l’équilibre de la troupe, il faut que chaque personnage soit, bien sûr en harmonie avec les autres personnages.. C’est une aventure commune. Le travail du metteur en scène consiste en la création de cette harmonie, c’est un défi de folie  dans une troupe où les comédiens  en sont à leur premier spectacle ! Avec Marc, nous décidons de monter une pièce après maintes lectures, et sur un enthousiasme commun, il faut ensuite l’adapter aux comédiens de la troupe pour créer quelque chose d’unique avec eux.

Comment résumeriez-vous la trame de l’histoire ?

Des Cancans,, vont faire rater un mariage qui avait été prévu entre deux jeunes gens ; un bruit se répand dans la ville, la jeune fiancée ne serait pas la fille de son père… Il faut noter que le titre italien est « I Pettegolezzi delle donne » (notez comme le titre est chantant !) cela pourrait se traduire en français par « Les ragots des Femmes ». C’est donc une réflexion sur les préjugés.  Goldoni est le Molière italien… !

Vous avez également mis en scène « Marivaudages » cette année, pourquoi Marivaux et Goldoni ensemble ?

Ce sont les raffinements de la langue , l’esthétique  de ce 18ème siècle, son élégance qui  sont pleins de charme et de séduction… Goldoni propose un miroir de sa société ; le regard est tendre mais lucide. Marivaux , sans être révolutionnaire, questionne et expérimente…

Donc, une année encore traversée par des textes et des auteurs passionnants.

Comment travaillez-vous avec les jeunes de la troupe ?

Nous recherchons l’épanouissement de nos acteurs par le travail  dans le jeu.. Nous leur faisons découvrir de beaux textes et suscitons ainsi leur curiosité.

Par le travail du plateau, ils comprennent que leur mission essentielle est de raconter une histoire, l’histoire de personnages d’un autre temps, d’un autre lieu… Ils doivent apprendre à « s’oublier » pour défendre leurs personnages. Lorsque l’on est metteur en scène, la parole est ce qui guide l’acteur. Le pouvoir des mots ! Rien de plus magique que de voir un comédien réaliser le mouvement ou l’intention proposé par  la simplicité et, en même temps, la force des mots ! Bonheur des metteurs en scène, bonheur des comédiens, bonheur d’une troupe !

 

Un grand merci à Madame de Bagneaux pour ce témoignage, retrouvons-nous dès le 6 juin au théâtre de Grandchamp pour apprécier ce moment !

Bien amicalement,

L’Equipe Notre-Dame du Grandchamp Alumni

 

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