Eurydice vs Mamma Giulia

FESTIVAL DE LA CREATION 2019

 

Bonjour !

Le Festival de la Création 2019 approche à grands pas, il est temps pour nous de vous présenter certaines des œuvres qui feront partie de l’affiche de cette année. Pour cela, Madame De Bagneaux, professeur de lettres classiques à Notre Dame du Grandchamp, a accepté de répondre à nos questions.  

 

La première pièce dont nous allons parler est ‘Eurydice’ de Jean Anouilh. En résumé, les deux héros Orphée et Eurydice se rencontrent dans un buffet de gare, lieu de toutes les destinations et surtout de tous les destins… Entre la jalousie de l’un et le passé trouble de l’autre le mythe s’accomplit. Inexorable. Il est alors proposé à Orphée une dernière chance de rejoindre Eurydice : la mort.

Et maintenant, nos questions à Madame Brigitte de Bagneaux :

  • Pourquoi avoir choisi de mettre en scène ce mythe en particulier ?

Madame de Bagneaux : C’est une pièce que nous avions en tête depuis de nombreuses années, le moment était venu de plonger dans cette réécriture d’un mythe fondateur qui a tant fait couler d’encre et donné lieu à tant d’interprétations. Notre travail de lecture, d’interprétation et de mise en scène est donc passionnant.  Anouilh, génial dans son art de faire coexister la dimension tragique liée au mythe et  le burlesque lié à certains personnages , est un auteur qui  fascine plus d’un metteur en scène !

  • C’est souvent d’Orphée dont il est question quand on évoque ce mythe : quel est le portait dressé par Anouilh pour ce personnage ?

M.dB : Si l’Orphée d’Ovide est un poète et un artiste qui parvient à charmer la mort par ses talents de musicien et de rhétoricien, l’Orphée de Jean Anouilh est avant tout un amoureux. Il se définit pleinement dans sa relation avec Eurydice, relation qui nait et qui grandit au fur et à mesure de la pièce. Un amour absolu qui le remplit de doute et de questionnements.

  • Et quelle est la place donnée à Eurydice dont la pièce porte le nom ?

M.dB : Dans le mythe originel, la place laissée à Eurydice est extrêmement réduite : quasi inexistante chez Ovide qui ne nous fait qu’une brève mention de sa mort tragique, et d’ordre anecdotique chez Virgile. Or Eurydice ici est le personnage titre, et c’est de son point de vue qu’Anouilh traite le mythe.  Jeune, certes, et non « jeune première », elle porte le poids de la vie, avec tout ce qu’elle a de « difficile », dit-elle. En miroir d’Orphée auquel Anouilh donne un père, personnage haut en couleurs, une mère est donnée à Eurydice, tyrannique et narcissique. En fait ce sont ces deux personnages parentaux que l’auteur plonge dans le grotesque, antithèse du couple Eurydice et Orphée.

  • Et pourquoi avoir choisi le contexte particulier d’un buffet de gare ?

M.dB : C’est le décor posé par l’auteur lui-même, symbole très puissant, poétique, métaphysique. Nous prenons tous un train pour quelque part… jusqu’au dernier voyage… !

  • Comment est traité le rapport à la mort dans la pièce ?

M.dB : Ce n’est pas à la mort qu’Anouilh confère de l’importance, finalement, mais à l’Amour. On peut lire cette pièce comme une quête poétique de l’Amour “intact”, de “son vrai climat”, selon cet étrange Monsieur Henri qui aide Orphée à retrouver Eurydice perdue…

 

Passons à l’autre pièce désormais, le trésor De Mamma Giulia de Jean-Pierre Allain et Jean Franco. En voici l’intrigue en quelques mots : vendetta… Trésor énigmatique… Sous le soleil calabrais… Mamma Giulia veut sauver son fils accusé de meurtre et doit, en même temps, faire face à toutes les bassesses de son gendre et de la belle-mère de sa fille, qui veulent s’accaparer ses mystérieux diamants…

 

  • Comment caractérisez-vous le ton de cette pièce ?

M.dB : La pièce est un pur produit du style sicilien avec le soleil italien. C’est une pièce rigolote, simple et dynamique, une pièce étonnante et vivante également. Le ton est léger et les personnages sont pour certains très attachants et pour d’autres vraiment antipathiques.

  • Qu’est-ce qui vous plait le plus dans le déroulement de cette pièce ?

M.dB : C’est un véritable petit voyage qui nous est proposé ici ! Chaque personnage va et vient, travaille à ses propres aspirations, complote : tout le monde cherche le trésor… La vérité se découvre peu à peu, les renversements sont nombreux et le final est inattendu et surprenant !

  • Un petit tour d’horizon des personnages ?

C’est très classique comme composition en fait :

Il y a la mamma, supposée ancienne grande figure aristocratique, qui pourvoit aux besoins de chacun, qui cuisine pour tout le monde

Il y a sa fille mariée qui habite chez elle, et puis il y a aussi le gendre et la belle-mère odieux qui cherchent à supprimer la mamma pour lui voler son trésor

Et puis, il y a aussi Jacopo, le serviteur qui est mignon, drôle et qui lui rend tous les services, qui est adorable et qui connait tout sur tout le monde…

 

Bref, c’est un bon moment que l’on passe et qui ne laissera pas le spectateur indifférent !

 

Notez donc bien ces dates dans vos agendas : les 3, 4 et 6 Juin pour Eurydice et les 16 et 17 Mai pour Mamma Giulia !

 

L’équipe NDG Alumni
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